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Sommes-nous meta ?

La nouvelle récente du renommage de la maison mère de Facebook en Meta a fait couler beaucoup d’encre. Cette nouvelle couplée avec la bonne santé des blockchains liées au metaverses, aux NFTs et à tout ce qui touche aux jeux vidéos a amplifié ce phénomène. Aujourd’hui le marketing pousse le métaverse au devant de la scène, mais personnellement j’ai un avis un peu différent sur cette nouvelle.

Réalité du terrain

Nous avons certainement laissé la technologie prendre une partie de notre vie. Nous vivons essentiellement par interpositions d’écrans, et c’est un peu cela d’être dans un « monde alternatif ». Je pense que Mark Zuckerberg, malgré sa vision futuristique d’un metaverse, a fait le constat que finalement les réseaux sociaux ont déjà participé à fabriquer ce nouveau monde ou le « fake » est le moteur principal de celui-ci.

Tout n’est pas négatif bien évidemment. Mais j’ai l’impression que la société nous a appris à porter un masque et que demain le metaverse va nous apprendre à porter un casque (voir même un masque dans un casque). Pour moi, même si aujourd’hui cela nous paraît irréel, nous n’avons pas compris que nous étions déjà à plus de 50% impliqués dans la « virtualisation » de ce nouveau monde.

L’egocentrisme

La société est aujourd’hui incapable de penser de façon coordonnée. Nous avons très certainement détissé les liens fondamentaux qui participaient à la fondation même de celle-ci. Aujourd’hui notre bien-être court terme est plus importante que le bien être global. Les décisions ne sont pas prises de manière objectives, mais très certainement lorsque l’on sait que les impacts seront les plus bénéfiques pour un individu en particulier (qui prend la décision). Nous nous rendons compte que l’intérêt général n’existe plus au fur et à mesure que la confiance est devenue une peau de chagrin.

Nous sommes donc face à une incapacité de la société à réagir de manière coordonnée pour vaincre les maux actuels. La politique n’est que des promesses, et n’apporte rien à notre condition actuelle. Le meilleur moyen pour soigner de manière temporaire nos blessures est certainement de se réfugier dans un monde alternatif pour oublier notre impuissance. Autant éviter le dialogue qui lui aussi n’existe plus.

L’influence au dépit de l’intelligence

Aujourd’hui je n’ai pas l’impression que les modèles de nos générations incitent à la réflexion. Un des métiers les plus populaires dans les réseaux sociaux c’est « influenceur ». On ne sait pas ce que cela veut dire réellement. Mais l’influence, l’adhésion à une certaine communauté n’est en soi pas dangereux. L’influence devient dangereuse lorsqu’elle devient commerciale et que certains des enjeux sont financiers et encore pire lorsque celle-ci devient aveugle…

Sommes-nous dirigés par des gourous écervelés ? Est-ce qu’ils nous montrent la bonne direction à suivre ? Devons-nous essayer de comprendre et d’apprendre l’environnement dans lequel on vit, pour construire notre propre esprit critique ?

Un avenir sombre ?

Le pire dans tout cela c’est qu’une grosse partie de ce qui infecte le monde actuel, sera aussi présent dans le metaverse: le monde capitaliste. Je ne suis pas du tout contre le système capitaliste, j’y participe, j’y contribue et même je m’y investis. Mais aujourd’hui certains signaux ne sont pas très bons. Nous avons parfois du mal à gérer notre propre vie dans le monde réel, qu’en sera-t-il lorsque nous devrons aussi le faire dans le monde virtuel ? Ne sommes-nous pas suffisamment sollicités par notre mode de vie actuel ? Je crois qu’aujourd’hui nous ne sommes pas prêt du tout, et qu’il faudrait plutôt repenser certains fondements de notre société avant d’imaginer une échappatoire dans un monde virtuel. Le bien commun, la technologie au service de l’humain (et non plus au service du capital), sont des pistes de réflexion pouvant créer une société plus consciente de ce qu’elle est en train de vivre ou de créer.

Et pourtant je suis un fan de la technologie, je reste un observateur passif des évolutions de celle-ci. Je me demande juste quand est-ce que la prise de conscience collective pourra s’exprimer…

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